
Né en Algérie en 1952, Michel Tubiana est avocat. Son enfance algéroise, dans une période plus que troublée, puis mai 68, l’ont poussé à entrer tôt en politique. Etudiant, il fut membre de la JCR, puis du Mouvement d’action judiciaire. Son engagement professionnel militant l’a conduit naturellement à la Ligue des droits de l’homme dont il est aujourd’hui le président.
Plus d’un an après la catastrophe de l’usine AZF à Toulouse, une brèche reste ouverte : dans nos rapports au risque et dans nos principes de gouvernance autour du risque et des crises.
Au lendemain de l’explosion de l’usine AZF à Toulouse, en septembre 2001, la Fondation de France et le Secours populaire français sont intervenus, parmi d’autres, pour aider les sinistrés. L’accident a aggravé des situations déjà difficiles. Aujourd’hui devrait s’engager une réflexion sur la démarche de don, la redistribution, l’articulation entre aides publiques et privées, et sur le rôle des associations. Projet a interrogé deux actrices toulousaines de ces dispositifs.
Faut-il déplorer que les temps individuels soient aujourd’hui désaccordés et regretter la vie structurée autour de temporalités communes ? La libération du temps correspond à un progrès. S’ils se réorganisent différemment, les rythmes collectifs n’ont pas disparu.
Les lois du Front populaire sur les congés payés s’inscrivent sur fond d’un temps collectif déjà constitué et consolident des usages traditionnels. Quant au sport, traditionnellement, il « chasse le temps perdu ». Aujourd’hui, les manières de prendre son temps libre signent la fin non pas du tourisme de masse mais des temps solidaires.
Des « bureaux des temps » s’ouvrent dans des villes qui prennent conscience de la difficulté pour les habitants de combiner les horaires de travail et ceux des services, des transports, etc. Les exigences nouvelles de mobilité sont facteurs d’inégalités. Comment synchroniser, sous d’autres modes, les temps d’un territoire ?
La statistique des emplois du temps est une indication précieuse. Mais elle néglige la façon dont l’usage des temps « non subordonnés » se soumet ou non à une vision utilitariste. Elle ignore surtout la question du rythme et des habitudes : l’habileté à habiter le temps.
Crédit, investissement, opérations de marché..., le rapport au temps de nos sociétés est marqué par la place prise par la sphère financière et par ses paradoxes.
Les religions n’encadrent plus le temps. Seul reste un calendrier liturgique parfois décalé. Mais le rapport au temps, envisagé dans le cadre de la vie en société, pose des questions fondamentales : une réflexion anthropologique et théologique éclaire les enjeux du présent et de l’histoire.
Un événement est inachevé s’il n’est pas partagé. A partir de l’expérience de la société malienne, M. Leclerc-Olive montre comment l’irruption de la modernité s’inscrit dans cette tension : comment intriquer collectivement passé et futur pour échapper à l’imposition d’un présent perpétuel ?